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Outils Microsoft facilitant le développement de sites Web accessibles

Bernard Ourghanlian
Directeur Technique Microsoft France, France

bourghan@microsoft.com

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Information sur l'auteur

Bernard Ourghanlian a rejoint Microsoft France en 1999 au poste de Directeur Technique.
Depuis le mois de novembre 2002, où il a été nommé Directeur de la Technologie et de la Sécurité (Chief Technology & Security Officer) Bernard Ourghanlian a la responsabilité de la conduite globale de la stratégie de Microsoft en France, en matière de technologie et de sécurité. Il a également en charge la gestion des risques technologiques de Microsoft France - notamment sur ses grands projets - et la responsabilité de concevoir, piloter et animer l'ensemble des initiatives de Microsoft France en matière de sécurité, notamment autour de l'initiative pour l'informatique de confiance (trustworthy computing).

En liaison étroite avec la Direction Générale et les différentes divisions concernées, il représente Microsoft France sur le plan technique auprès des principaux responsables gouvernementaux et des grandes agences gouvernementales, des directions informatiques, des comités de standardisation ou de normalisation ainsi qu'auprès du monde de l'éducation et de la recherche. Il est également en liaison étroite avec Microsoft Corporation, avec Microsoft Research et les différents groupes produits et participe activement à l'évolution des produits et des solutions de Microsoft.

Bernard Ourghanlian anime également des cours et des séminaires au sein de grandes écoles et d'universités françaises. Avant de rejoindre Microsoft, Bernard Ourghanlian était le Directeur Technique de Digital France où il a participé activement à la conception et au développement de l'architecture et des microprocesseurs Alpha.

Bernard Ourghanlian est titulaire d'un doctorat en mathématiques et est l'auteur de plusieurs ouvrages spécialisés relatifs aux statistiques et à l'informatique, notamment d'un ouvrage de référence sur les microprocesseurs Alpha.

Résumé

Depuis plus de quinze ans, Microsoft s'est efforcé de rendre les ordinateurs accessibles aux personnes handicapées. Pendant toute cette période, nous avons écouté, appris et appliqué ce que nous avons appris afin d'essayer de rendre les ordinateurs plus accessibles et plus utiles au plus grand nombre.

Ainsi, dès 1988, nous avons lancé nos premiers travaux dans le domaine de l'accessibilité (accessibilité : qualité d'un système donné, matériel ou logiciel, qui le rend utilisable par des personnes présentant une incapacité physique (mobilité restreinte, cécité ou surdité, par exemple) à tous, notamment aux personnes ayant une incapacité physique) en collaboration avec le Trace Research and Development Center de l'université de Madison dans le Wisconsin. Ceci nous a permis de développer, à destination des sourds et des malentendants ainsi qu'aux personnes à la dextérité limitée, les premiers éléments complémentaires à Windows 2.0 appelés « Access Utility for Windows 2.0 » et permettant grâce aux fonctionnalités StickyKeys, FilterKeys et MouseKeys (encore présentes dans Windows XP aujourd'hui mais ayant considérablement évolué) de simplifier les opérations de clavier et de souris et de fournir un retour visuel quand l'ordinateur émet des sons (ShowSounds), tout en permettant à des périphériques spécialisés d'interagir avec l'ordinateur à travers un port série (SerialKeys).

D'une façon générale, Microsoft s'est engagé à offrir des innovations continues dans ce domaine et a constitué à cette attention l'Accessible Technology Group (A.T.G.) dont les 50 personnes dédiées gèrent et coordonnent tous les efforts associés au sein de la société.

L'engagement de Microsoft pour l'accessibilité contribue à donner aux gouvernements les moyens de choisir des technologies accessibles ; ce qui améliore notamment les opportunités d'emploi des personnes souffrant d'une invalidité ou d'une incapacité et offre un meilleur accès aux services publiques. Microsoft supporte les initiatives, directives et réglementations des gouvernements pour piloter l'inclusion numérique en mettant à disposition l'information sur l'accessibilité des produits Microsoft, et comment ils répondent à une variété de standards d'accessibilité communément adoptés.

Aux Etats-Unis notamment, la section 508 du « Rehabilitation Act » impose aux agences fédérales de rendre leur technologie informatique et électronique accessible aux personnes handicapées. La Section 508 crée une forte motivation pour les éditeurs de logiciel afin d'intégrer plus et de meilleures fonctionnalités d'accessibilité au sein de leurs produits. Elle complémente et renforce le travail que Microsoft a déjà entrepris pour rendre la technologie universellement accessible.

En Europe, Microsoft supporte l'initiative eInclusion de la Communauté Européenne mentionnée précédemment et participe aux efforts transatlantiques de support de i2010.

Le Web, l'accessibilité et les aspects normatifs et législatifs

En fait, la notion d'accessibilité numérique est apparue dès l'émergence des nouvelles technologies de l'information et de la communication et plus particulièrement avec l'Internet.

L'utilisation du Web (généralement considéré comme la technologie la plus rapidement adoptée de l'histoire) fait partie intégrante de notre vie quotidienne et se répand rapidement dans tous les domaines de la société. Le Web constitue, à ce titre, la source d'information la plus globale.

Pour autant, les personnes handicapées éprouvent des difficultés à utiliser à ce médium, ainsi que, d'une façon générale, les services (interactifs) proposés en ligne.

Comme le souligne Tim Berners-Lee, directeur du W3C et « inventeur » du World Wide Web :

« La puissance du Web réside dans son universalité. L'accès par tous quel que soit le handicap en est un aspect essentiel »

Le problème ne réside pas dans l'accès à l'informatique (selon certaines études, les personnes handicapées visuelles seraient deux fois plus équipées en ordinateur que la moyenne nationale de la France). Le problème réside réellement dans l'utilisation du Web : les sites Web que ces personnes visitent ne sont pas toujours adaptés aux dispositifs d'assistance qu'elles utilisent ou n'incluent aucune caractéristique d'accessibilité, même élémentaire.

La notion d'accessibilité met en exergue l'idée que ces technologies représentent à la fois un potentiel et un risque d'exclusion supplémentaire pour les personnes handicapées.

La loi n° 2005-102 pour « l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » adoptée le 11 février 2005 avec son article 47 en fait désormais une obligation, au même titre que l'accessibilité physique des bâtiments :
«Les services de communication publique en ligne des services de l'état, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées.»

L'accessibilité numérique est mise sur le devant de la scène. L'accessibilité devient donc une priorité... et une obligation.

La France rejoint ainsi les pays européens comme l'Espagne, l'Italie, le Portugal, le Royaume Uni et la Suède, qui ont déjà pris des dispositions légales dans ce sens en conformité avec les directives européennes et les différents plans d'action et initiatives associées. Les institutions européennes se sont en effet engagées à respecter les normes actuelles en matière d'accessibilité et un grand nombre d'autres organisations de l'Union Européenne partagent cet objectif.

Pour offrir un rapide éclairage sur la situation européenne, citons notamment le plan d'action eEurope 2002 (Accessibility of Public Web Sites and their content - Accessibilité des sites publics et de leurs contenus) qui incite les sites Web publics des états membres à être accessibles aux handicapés.

Ensuite lors du Conseil Européen de Séville en Juin 2002, le plan d'action eEurope 2005 (An information society for all - une société d'information pour tous) confirme les travaux de la WAI (Web Accessibility Initiative) initiée par le Consortium W.3.C. (World Wide Web Consortium) pour l'accessibilité des sites Web.

En outre, dans le cadre de ce plan d'action eEurope 2005, le projet Support-EAM (Supporting the creation of an e-Accessibility Quality Mark - Soutien d'un label de qualité pour l'accessibilité du Web) souhaite harmoniser les méthodologies d'évaluation de l'accessibilité des sites Web, créer un label de qualité certifiant l'accessibilité des services Internet, et diffuser l'utilisation de ce label de qualité en Europe. Ce projet fait référence directe à la résolution 5165/03 du Conseil de l'Europe sur l'accessibilité numérique stipulant l'amélioration de l'accès à la société de la connaissance pour les personnes souffrants d'un handicap, invitant la Commission et les états membres « à considérer l'apport d'un label pour les biens et services qui respectent les standards de l'accessibilité numérique ».

A titre d'illustration, une récente étude de Forrester Research, Inc. montre, qu'en 2010, près de la moitié de la population de pays européens tels que l'Allemagne, la Belgique ou la France sera âgée de 45 ans et plus. En 2050, les séniors représenteront plus du double de la population des moins de 35 ans.

Nous recensons également l'initiative « i2010 - European Information society in 2010 » qui vise à offrir une approche intégrée de la société de l'information et des politiques audio-visuelles au sein de l'Union Européenne. Cette démarche englobe la réglementation, la recherche et la promotion et le déploiement de la diversité culturelle. Elle vise à rendre la société de l'information accessible à tous et à faire de l'eInclusion ou Inclusion numérique un élément clé du processus d'inclusion (eInclusion@EU).

En France, la mise en oeuvre effective de l'article 47 de la loi n° 2005-102 relatif aux services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics suppose toutefois un dispositif d'accompagnement cohérent et concerté. Un décret d'application promulgué, selon toute vraisemblance, en mars 2006 prochain devrait en préciser le contenu.

On ne peut que se réjouir de voir l'état, dans sa démarche volontariste vers l'administration électronique, mettre en place un cadre normatif adapté aux exigences de l'accessibilité, ce cadre devant naturellement s'intégrer aux solutions du marché et faire référence à des standards et des recommandations applicables immédiatement. En matière de standards dans le domaine de l'accessibilité depuis le Web, le W.3.C. a été un précurseur en adoptant la définition suivante de l'accessibilité : « Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales. »

L'innovation technologique autorise l'accès et la restitution de l'information au travers de nombreux canaux qui peuvent exclure si l'on n'y prend pas garde certaines catégories d'usagers. L'adoption de standards et de règles communes pour satisfaire aux exigences d'accessibilité telles que définies par le W.3.C. permet d'éviter ce problème.

En réponse au point 31 de la résolution du parlement européen du 13 juin 2002 « tous les sites publics européens doivent avoir le niveau double A (AA) du W.3.C./W.A.I. », l'administration française et suite à la promulgation de la loi du 11 février dernier, a proposé, par l'intermédiaire de l'ADAE, les bases nécessaires permettant de faciliter la mise en oeuvre des WCAG 1.0.

C'est sur la base de ce référentiel commun proposé aux différents acteurs qu'ils soient utilisateurs, maître d'ouvrage, fournisseur ou intégrateur de service, éditeurs de logiciels, etc. que seront développés et évalués les services via le web offerts par l'administration, tel est la prise de position très claire de l'A.D.A.E. dans ce domaine.

Le « référentiel accessibilité » défini par l'A.D.A.E. est composé de deux parties. En effet, à la partie « traditionnelle », qui traite plus particulièrement de critères d'accès, il est apparu nécessaire de rajouter une seconde partie, qui aborde des critères d'utilisabilité. Ces critères sont notamment issus des travaux de Jakob Nielsen et de Marie Tahir, experts internationaux reconnus dans ce domaine.

La France, par la voix de l'Agence pour le développement de l'administration électronique (A.D.A.E.) et de ses représentants dans les différentes instances européennes et internationales, a annoncé qu'elle proposerait aux autres pays (Union européenne, ISO) ces critères additionnels en vue de leur intégration dans les référentiels internationaux.

Aujourd'hui, des standards existent et la version 1.0 de W.C.A.G. (Web Content Accessibility Guidelines) constitue un premier élément de réponse pour tout ce qui concerne le contenu Web. Pour les applications non Web, des technologies telles que Microsoft Active Accessibility permettent de répondre à la même question. Pour autant, les technologies continuent d'évoluer à travers la version préliminaire de la version 2.0 du W.C.A.G. (Web Content Accessibility Guidelines) qui a été publiée le 19 novembre dernier. De même, nous sommes engagés à faire évoluer les technologies disponibles en standard au sein de la plateforme Windows ; c'est ainsi que la prochaine version majeure de Windows (disponible cette année) intégrera en standard l'état de l'art en matière de reconnaissance vocale et de synthèse vocale.

Quelques considérations d'ordre général sur le développement de sites Web accessibles

L'accessibilité numérique correspond à un champ de prescriptions techniques prenant en compte la diversité de ces besoins et très particulièrement l'ensemble des aspects qui peuvent constituer un obstacle pour des personnes handicapées.

Dans la pratique, cela tient souvent à peu de choses, mais ces réflexions sont très peu intégrées dès l'origine des projets de déploiement de sites Web.

Les développeurs, la plupart du temps par manque de sensibilisation, ne disposent d'aucun cadre auquel se référer/conformer.

L'accessibilité du Web est souvent perçue comme le fait de donner accès aux contenus numériques pour les personnes handicapées. Pourtant, rendre un site accessible présente d'autres avantages dépassant largement le simple champ du handicap et va bien au-delà de la compatibilité des aides techniques des personnes handicapées avec les sites Web. Ceci est loin de se limiter aux personnes handicapées.

Quelques préjugés viennent freiner la prise en compte de l'accessibilité.
D'aucuns pensent convaincus que :

L'accessibilité du Web commence dès la phase de conception. Autrement dit, pour faire court, il est important de concevoir un site en ayant l'accessibilité à l'esprit. « Conception accessible » ne signifie donc pas « conception minimaliste » mais... « conception réfléchie » !

L'accessibilité n'est pas une contrainte mais une garantie explicitée au sein d'un processus Qualité.

Chaque étape d'un projet est concernée, de la réflexion la plus amont jusqu'au suivi en passant par la réalisation ou l'accompagnement.

Ainsi, la prise en compte de l'accessibilité dans la conception impacte tous les niveaux : ergonomique, graphique et technique. L'expérience des équipes projet et les solutions, outils et technologies envisagés doivent permettre la mise en place d'interfaces Web performantes et adaptées aux cibles tout en respectant les recommandations de la W.A.I. liées à l'accessibilité.

Ainsi, ce respect des recommandations liées à l'accessibilité se doit d'être pris en compte dès la phase de conception au niveau de :

Chaque livrable résultant doit être contrôlé, évalué de façon à s'assurer qu'il respecte les critères d'accessibilité.

La phase de réalisation doit garantir le strict respect des standards et des dispositions adoptées dans la phase de conception. Rigueur, cohérence et procédures de tests renforcées sont les maîtres mots de cette démarche.
L'adoption d'une démarche méthodologique souple et dynamique comme Microsoft Solutions Framework (M.S.F.) issue des années d'expérience acquises par les équipes de développement de Microsoft et les consultants de Microsoft dans le monde permet d'assurer la maîtrise des processus et des techniques de gestion de projets de ce type.

L'accessibilité numérique garantit un accès égal pour tous mais contribue également à la qualité générale des services, de leur ergonomie et de leur facilité d'utilisation. Elle bénéficie donc à tous.

Certains pensent que les caractéristiques d'accessibilité de base sont difficiles et très onéreuses à mettre en oeuvre. Ceci faux puisqu'il existe des directives élémentaires qui, moyennant peu d'efforts pour les suivre, peuvent améliorer l'accessibilité et l'utilisabilité des sites Web.

En guise de conclusion...

A l'occasion du colloque « Instruments pour faire de l'accessibilité du Web une réalité », Microsoft a le plaisir d'annoncer la mise à disposition d'un livre-blanc en français constituant un guide de référence vous permettant de produire des sites Web Accessibles basés sur Content Management Server 2002 et/ou les technologies SharePoint. Il définit dans quelle mesure ces technologies offrent le meilleur respect possible des critères AccessiWeb au moins de niveau Bronze.

Lorsque l'information Web est conçue et réalisée pour être accessible aux personnes handicapées, les sites résultants s'en trouvent généralement construits de manière plus logique et mettent l'accent sur le contenu plutôt que sur la fourniture d'information. Les frais de maintenance s'en trouvent d'autant réduits.

Les sites accessibles deviennent utilisables à partir d'ordinateurs d'entrée de gamme disposant de connexions Internet plus lentes, etc.

Ceci permet également d'améliorer la portabilité des sites sur l'ensemble des supports d'affichage tels qu'un téléphone mobile avec accès Internet ou un assistant numérique personne ; constat important quand on comptabilise 810 millions de terminaux mobiles vendus en 2005.

L'Internet est un formidable moyen pour les entreprises ou les administrations d'offrir de réels services à leurs usagers. Mais, un site Web ne doit pas être uniquement beau, mais efficace et utile. La notion d'accessibilité est en quelque sorte un label de qualité garantissant qu'un site Web est utilisable par tous, personnes handicapées comprises et quels que soient les moyens utilisés pour le consulter (P.D.A., téléphone portable, plage braille...).

Nous avons tout à gagner à faire de l'accessibilité un critère explicite de qualité, à la fois parce que cela permettra à des personnes handicapées ou à mobilité réduite d'accéder facilement à des prestations ou services sans se déplacer, mais aussi parce que « madame ou monsieur tout le monde » trouvera les sites accessibles plus conviviaux et plus faciles d'utilisation. Par ailleurs, une simple réflexion sur les perspectives démographiques (l'évènement du « papy boom »), nous amène à penser que penser un développement informatique qui soit à la fois accessible et utilisable dévient une impérieuse nécessité avec l'avènement de seniors qui désirent rester actifs et le sont, pratiquent de plus en plus l'Internet mais peuvent souffrir davantage que les jeunes générations de déficits en matière de vision, de locomotion, etc.

Une meilleure accessibilité est donc un élément essentiel pour lutter contre la fracture numérique.

Presentation Bernard Ourghanlian (ppt, 2048.00 Ko)

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