5th European eAccessibility Forum
Benefits and costs of e-accessibility

28/03/2011, 9:00 - 18:00
Cité des Sciences et de l'Industrie - 30 Avenue Corentin Cariou 75019 - Paris, France

 
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Opening Address

Marie-Anne Montchamp (France)
Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale
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Speaker's information


photo Marie-Anne Montchamp

Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

 

Summary


Notice : As an exception, Mrs Marie-Anne Montchamp and Mrs Claudie Haigneré's texts are presented only in French since a translation would require to modify official wording.

Ce texte a été fourni par les services de Madame la Secrétaire d'Etat. Cependant, seul le prononcé fait foi.

Madame la Présidente, chère Claudie Haigneré,

Monsieur le Président, cher Dominique Burger,

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de vous dire tout le plaisir qui est le mien vous retrouver aujourd’hui, dans ce même lieu, six après avoir eu l’honneur de clôturer la première rencontre européenne de l’accessibilité numérique. C’était, si mes souvenirs bons, à peine quelques jours avant le début des discussions de la loi promulguée le 11 février 2005, à la fin de l’année 2004. Et déjà, chère Claudie, vous qui étiez ministre déléguée aux affaires européennes, aviez bien voulu accorder votre patronage. Et déjà, cher Dominique, vous qui étiez déjà Président de Braillenet, vous étiez à l’initiative de la rencontre.

Poursuivre ces rencontres au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie est pour moi un symbole très fort, à la fois de la continuité de l’engagement, et du renouvellement incessant des défis techniques et sociaux que représente l’accessibilité numérique. La Cité des Sciences incarne merveilleusement bien la volonté de d’accessibilité et de partage, celui du savoir avec le plus grand nombre, sans restriction d’âge ou de connaissance minimum. Elle est la preuve qu’il est en effet possible, pour peu que l’on s’y décide, de donner à chacun la chance et l’opportunité d’appréhender sciences et techniques

Depuis sept ans, Internet et les Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications (NTIC) ont pris une importance immense. Nous parlerions d’invasion que le terme ne serait pas excessif. Cette ampleur que nous pressentions, mais que nous n’osions, que nous pouvions réellement mesurer fait peser sur l’accessibilité numérique des impératifs encore plus forts, du fait de la dématérialisation d’un nombre croissant de démarches administratives et privées (déclaration d’impôts, e-commerce…) mais aussi du fait de la création, chaque jour, de nouvelles opportunités (réseaux sociaux, visioconférences…). Ainsi, à mesure que les possibles s’agrandissent et que les contraintes disparaissent, de nouveaux défis surgissent.

La loi de 2005 a été la première loi relative aux personnes handicapées d’envergure votée après la démocratisation d’Internet, et se devait d’apporter des réponses claires aux nouvelles problématiques d’accessibilité. Insérée au cœur d’un texte construit par la volonté que nous partageons d’inclusion sociale, nous avons fait de l’accessibilité un principe intangible, aussi bien pour notre environnement matériel que pour notre environnement numérique, car tous les deux entourent notre vie quotidienne. En cela, c’est un principe fondamental d’équité et d’égalité républicaine.

Travailler à l’accessibilité du numérique et à l’inclusion sociale par le numérique nous renvoie à notre mission fondamentale, celle de lutter contre cette fracture numérique qui nourrit la l’exclusion. C’est un des objectifs premiers du plan de développement de l’économie numérique France Numérique 2012 qui a apporté de nombreuses avancées et qui participe à sa façon à une meilleure cohésion sociale dans le pays. S’il ne fait pas de doute qu’Internet et les NTIC sont de puissants facteurs d’inclusion sociale, il ne fait pas de doute non plus que cette fracture numérique touche avant tout les publics les plus fragiles : personnes handicapées, personnes âgées, personnes précaires… En agissant pour l’accessibilité numérique, nous luttons contre les ruptures, contre la marginalisation. Nous agissons pour une société unie, forte de sa cohésion endogène. C’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts, pour rendre accessibles ces technologies souvent inadaptées parce que conçues pour un public ordinaire, c’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts pour familiariser, pour donner accès à nos concitoyens qui n’auraient pas tendance à se tourner spontanément vers elles !

Parce que le numérique demeure intrinsèquement virtuel et artificiel, le lien qu’il crée, porte ou entretient, ne peut avoir une fonction sociale ou socialisante de même nature que celle qui nait de la vie réelle. A défaut de se présenter comme un substitut, le numérique dévoile une complémentarité devenue dans certains cas indispensable. Il permet l’émergence de solutions nouvelles, compatibles avec l’exigence inconditionnelle que nous accordons au lien social. Les progrès réalisés à la faveur des personnes handicapées nous montrent comment, dans une situation similaire, nous pouvons parvenir à un meilleur accompagnement de nos ainés, alors même que nous abordons la réforme de la dépendance. De la lutte contre l’isolement, à la facilitation de tâches quotidiennes en passant par la lutte la détresse psychologique ou le maintien des liens intergénérationnels, les champs d’action tout autant que les solutions sont multiples.

 

Ainsi, l’article 47 de la loi du 11 février 2005 dispose que « Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées […] ». Le décret d’application est certes venu tardivement le 14 mai 2009, mais vous le savez, les défis techniques à concilier étaient nombreux.

 

A quelques semaines du terme du délai de deux accordé pour la mise en conformité pour les services de communication publique en ligne de l'Etat et des établissements publics qui en dépendent, force est de reconnaitre que même si elle ne sera pas achevée à temps, de nombreuses démarches constructives ont été mises en œuvre à l’image du très accessible portail www.service-public.fr. Saluons également les actions des ministères tels que le ministère de la culture, le ministère de la justice et des libertés, la Direction de l’Information légale et administrative, qui ont mené des actions concrètes de mise en accessibilité (mise en accessibilité des sites, formation des chefs de projet, constitution d’équipes experts internes..).

Il serait injuste de ne pas saluer les progrès importants réalisés en matière de téléphonie, directement concernée par l’article 47. Grâce à la mobilisation de l’ancienne Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées (DIPH), des opérateurs, des associations et de l’Autorité Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) l’offre commerciale et les services proposés sont plus adaptés et plus étendus. Nos efforts se doivent d’être continus et c’est pourquoi je me réjouis de la création dans les semaines qui viennent d’un centre national de relais des appels d’urgence pour les personnes sourdes et malentendantes au sein Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble.

Dans la lettre ouverte pour l’accessibilité numérique des services publics qu’un certain nombre d’entre vous m’avait adressée ainsi qu’à plusieurs de mes collègues le 28 janvier dernier, vous m’avez indiqué ce que vous considériez être à l’origine des retards dans la montée en charge de l’accessibilité numérique.

Je voudrais vous dire que je rejoins votre analyse sur un certain nombre de points et notamment en ce qui concerne du pilotage du chantier et du suivi de la mise en œuvre du Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) : comme le soulignent les travaux de l’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité, l’évaluation de la mise en accessibilité entendue au sens large (bâti, transports, numérique…) est à la peine. C’est pourquoi, le Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale, qui suit déjà les travaux du Groupe d’études des marchés qui vise entre autre au respect du RGAA dans les marchés publics va poursuivre ses efforts. De concert avec les autres ministères concernés, il renforce déjà ses contrôles en s’appuyant la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat crée il y a tout juste un mois.

Le Président de la République vous a aujourd’hui accordé son soutien le plus sincère. Je vous l’affirme, parvenir à une accessibilité réelle des services de communication publique est bien une volonté qu’il partage et que je partage avec l’ensemble du gouvernement. Mais la volonté politique est un puissant vecteur qui a besoin de concret : c’est pourquoi je souhaite, compte tenu des enjeux si importants et des marges d’amélioration si grandes, que l’accessibilité numérique soit au cœur de la Conférence Nationale du Handicap le 8 juin prochain.

 

Pour conclure, j’aimerais brièvement vous dire à quel point l’accessibilité numérique constitue pour les responsables politiques en charge des solidarités, un véritable laboratoire de la politique de cohésion sociale. L’accessibilité numérique regroupe en effet un nombre d’initiatives particulièrement large, au carrefour du public, du privé, de l’associatif et du familial qui révèlent une compréhension du progrès social et de la cohésion que je partage et que je porte avec vigueur. Pour avancer, nous ne pouvons rester figés, y compris sur des acquis. Pour avancer, nous ne pouvons continuer ne nous appuyer sur des modèles qui se délitent parce qu’ils avaient été conçus pour des situations aujourd’hui disparues.

 

Pour avancer aujourd’hui, dans l’ensemble des vastes champs que comportent la cohésion sociale nous devons à la fois respecter les principes intangibles de cohésion, ceux qui ont toujours créé du lien, et nous adapter à un contexte nouveau, à des exigences et à des contingences nouvelles. Pour cela, nous nous attachons à former un nouveau partenariat social : les pouvoirs publics doivent désormais être en mesure d’impulser d’une part les principes et les contraintes non-négociables, qui s’imposent à tous, et d’autre part de se faire les relais des initiatives particulières, associatives notamment, qui fonctionnent et qui peuvent servir de modèle à tous.

Je vous remercie.

 

 

Ce texte a été fourni par les services de Madame la Secrétaire d'Etat. Cependant, seul le prononcé fait foi.

Madame la Présidente, chère Claudie Haigneré,

Monsieur le Président, cher Dominique Burger,

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de vous dire tout le plaisir qui est le mien vous retrouver aujourd’hui, dans ce même lieu, six après avoir eu l’honneur de clôturer la première rencontre européenne de l’accessibilité numérique. C’était, si mes souvenirs bons, à peine quelques jours avant le début des discussions de la loi promulguée le 11 février 2005, à la fin de l’année 2004. Et déjà, chère Claudie, vous qui étiez ministre déléguée aux affaires européennes, aviez bien voulu accorder votre patronage. Et déjà, cher Dominique, vous qui étiez déjà Président de Braillenet, vous étiez à l’initiative de la rencontre.

Poursuivre ces rencontres au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie est pour moi un symbole très fort, à la fois de la continuité de l’engagement, et du renouvellement incessant des défis techniques et sociaux que représente l’accessibilité numérique. La Cité des Sciences incarne merveilleusement bien la volonté de d’accessibilité et de partage, celui du savoir avec le plus grand nombre, sans restriction d’âge ou de connaissance minimum. Elle est la preuve qu’il est en effet possible, pour peu que l’on s’y décide, de donner à chacun la chance et l’opportunité d’appréhender sciences et techniques

Depuis sept ans, Internet et les Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications (NTIC) ont pris une importance immense. Nous parlerions d’invasion que le terme ne serait pas excessif. Cette ampleur que nous pressentions, mais que nous n’osions, que nous pouvions réellement mesurer fait peser sur l’accessibilité numérique des impératifs encore plus forts, du fait de la dématérialisation d’un nombre croissant de démarches administratives et privées (déclaration d’impôts, e-commerce…) mais aussi du fait de la création, chaque jour, de nouvelles opportunités (réseaux sociaux, visioconférences…). Ainsi, à mesure que les possibles s’agrandissent et que les contraintes disparaissent, de nouveaux défis surgissent.

La loi de 2005 a été la première loi relative aux personnes handicapées d’envergure votée après la démocratisation d’Internet, et se devait d’apporter des réponses claires aux nouvelles problématiques d’accessibilité. Insérée au cœur d’un texte construit par la volonté que nous partageons d’inclusion sociale, nous avons fait de l’accessibilité un principe intangible, aussi bien pour notre environnement matériel que pour notre environnement numérique, car tous les deux entourent notre vie quotidienne. En cela, c’est un principe fondamental d’équité et d’égalité républicaine.

Travailler à l’accessibilité du numérique et à l’inclusion sociale par le numérique nous renvoie à notre mission fondamentale, celle de lutter contre cette fracture numérique qui nourrit la l’exclusion. C’est un des objectifs premiers du plan de développement de l’économie numérique France Numérique 2012 qui a apporté de nombreuses avancées et qui participe à sa façon à une meilleure cohésion sociale dans le pays. S’il ne fait pas de doute qu’Internet et les NTIC sont de puissants facteurs d’inclusion sociale, il ne fait pas de doute non plus que cette fracture numérique touche avant tout les publics les plus fragiles : personnes handicapées, personnes âgées, personnes précaires… En agissant pour l’accessibilité numérique, nous luttons contre les ruptures, contre la marginalisation. Nous agissons pour une société unie, forte de sa cohésion endogène. C’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts, pour rendre accessibles ces technologies souvent inadaptées parce que conçues pour un public ordinaire, c’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts pour familiariser, pour donner accès à nos concitoyens qui n’auraient pas tendance à se tourner spontanément vers elles !

Parce que le numérique demeure intrinsèquement virtuel et artificiel, le lien qu’il crée, porte ou entretient, ne peut avoir une fonction sociale ou socialisante de même nature que celle qui nait de la vie réelle. A défaut de se présenter comme un substitut, le numérique dévoile une complémentarité devenue dans certains cas indispensable. Il permet l’émergence de solutions nouvelles, compatibles avec l’exigence inconditionnelle que nous accordons au lien social. Les progrès réalisés à la faveur des personnes handicapées nous montrent comment, dans une situation similaire, nous pouvons parvenir à un meilleur accompagnement de nos ainés, alors même que nous abordons la réforme de la dépendance. De la lutte contre l’isolement, à la facilitation de tâches quotidiennes en passant par la lutte la détresse psychologique ou le maintien des liens intergénérationnels, les champs d’action tout autant que les solutions sont multiples.

 

Ainsi, l’article 47 de la loi du 11 février 2005 dispose que « Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées […] ». Le décret d’application est certes venu tardivement le 14 mai 2009, mais vous le savez, les défis techniques à concilier étaient nombreux.

 

A quelques semaines du terme du délai de deux accordé pour la mise en conformité pour les services de communication publique en ligne de l'Etat et des établissements publics qui en dépendent, force est de reconnaitre que même si elle ne sera pas achevée à temps, de nombreuses démarches constructives ont été mises en œuvre à l’image du très accessible portail www.service-public.fr. Saluons également les actions des ministères tels que le ministère de la culture, le ministère de la justice et des libertés, la Direction de l’Information légale et administrative, qui ont mené des actions concrètes de mise en accessibilité (mise en accessibilité des sites, formation des chefs de projet, constitution d’équipes experts internes..).

Il serait injuste de ne pas saluer les progrès importants réalisés en matière de téléphonie, directement concernée par l’article 47. Grâce à la mobilisation de l’ancienne Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées (DIPH), des opérateurs, des associations et de l’Autorité Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) l’offre commerciale et les services proposés sont plus adaptés et plus étendus. Nos efforts se doivent d’être continus et c’est pourquoi je me réjouis de la création dans les semaines qui viennent d’un centre national de relais des appels d’urgence pour les personnes sourdes et malentendantes au sein Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble.

Dans la lettre ouverte pour l’accessibilité numérique des services publics qu’un certain nombre d’entre vous m’avait adressée ainsi qu’à plusieurs de mes collègues le 28 janvier dernier, vous m’avez indiqué ce que vous considériez être à l’origine des retards dans la montée en charge de l’accessibilité numérique.

Je voudrais vous dire que je rejoins votre analyse sur un certain nombre de points et notamment en ce qui concerne du pilotage du chantier et du suivi de la mise en œuvre du Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) : comme le soulignent les travaux de l’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité, l’évaluation de la mise en accessibilité entendue au sens large (bâti, transports, numérique…) est à la peine. C’est pourquoi, le Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale, qui suit déjà les travaux du Groupe d’études des marchés qui vise entre autre au respect du RGAA dans les marchés publics va poursuivre ses efforts. De concert avec les autres ministères concernés, il renforce déjà ses contrôles en s’appuyant la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat crée il y a tout juste un mois.

Le Président de la République vous a aujourd’hui accordé son soutien le plus sincère. Je vous l’affirme, parvenir à une accessibilité réelle des services de communication publique est bien une volonté qu’il partage et que je partage avec l’ensemble du gouvernement. Mais la volonté politique est un puissant vecteur qui a besoin de concret : c’est pourquoi je souhaite, compte tenu des enjeux si importants et des marges d’amélioration si grandes, que l’accessibilité numérique soit au cœur de la Conférence Nationale du Handicap le 8 juin prochain.

 

Pour conclure, j’aimerais brièvement vous dire à quel point l’accessibilité numérique constitue pour les responsables politiques en charge des solidarités, un véritable laboratoire de la politique de cohésion sociale. L’accessibilité numérique regroupe en effet un nombre d’initiatives particulièrement large, au carrefour du public, du privé, de l’associatif et du familial qui révèlent une compréhension du progrès social et de la cohésion que je partage et que je porte avec vigueur. Pour avancer, nous ne pouvons rester figés, y compris sur des acquis. Pour avancer, nous ne pouvons continuer ne nous appuyer sur des modèles qui se délitent parce qu’ils avaient été conçus pour des situations aujourd’hui disparues.

 

Pour avancer aujourd’hui, dans l’ensemble des vastes champs que comportent la cohésion sociale nous devons à la fois respecter les principes intangibles de cohésion, ceux qui ont toujours créé du lien, et nous adapter à un contexte nouveau, à des exigences et à des contingences nouvelles. Pour cela, nous nous attachons à former un nouveau partenariat social : les pouvoirs publics doivent désormais être en mesure d’impulser d’une part les principes et les contraintes non-négociables, qui s’imposent à tous, et d’autre part de se faire les relais des initiatives particulières, associatives notamment, qui fonctionnent et qui peuvent servir de modèle à tous.

Je vous remercie.

Madame la Présidente, chère Claudie Haigneré,

Monsieur le Président, cher Dominique Burger,

Mesdames, Messieurs,

 

Permettez-moi de vous dire tout le plaisir qui est le mien vous retrouver aujourd’hui, dans ce même lieu, six après avoir eu l’honneur de clôturer la première rencontre européenne de l’accessibilité numérique. C’était, si mes souvenirs bons, à peine quelques jours avant le début des discussions de la loi promulguée le 11 février 2005, à la fin de l’année 2004. Et déjà, chère Claudie, vous qui étiez ministre déléguée aux affaires européennes, aviez bien voulu accorder votre patronage. Et déjà, cher Dominique, vous qui étiez déjà Président de Braillenet, vous étiez à l’initiative de la rencontre.

 

Poursuivre ces rencontres au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie est pour moi un symbole très fort, à la fois de la continuité de l’engagement, et du renouvellement incessant des défis techniques et sociaux que représente l’accessibilité numérique. La Cité des Sciences incarne merveilleusement bien la volonté de d’accessibilité et de partage, celui du savoir avec le plus grand nombre, sans restriction d’âge ou de connaissance minimum. Elle est la preuve qu’il est en effet possible, pour peu que l’on s’y décide, de donner à chacun la chance et l’opportunité d’appréhender sciences et techniques

 

Depuis sept ans, Internet et les Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications (NTIC) ont pris une importance immense. Nous parlerions d’invasion que le terme ne serait pas excessif. Cette ampleur que nous pressentions, mais que nous n’osions, que nous pouvions réellement mesurer fait peser sur l’accessibilité numérique des impératifs encore plus fort, du fait de la dématérialisation d’un nombre croissant de démarches administratives et privées (déclaration d’impôts, e-commerce…) mais aussi du fait de la création, chaque jour, de nouvelles opportunités (réseaux sociaux, visioconférences…). Ainsi, à mesure que les possibles s’agrandissent et que les contraintes disparaissent, de nouveaux défis surgissent.

 

 

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La loi de 2005 a été la première loi relative aux personnes handicapées d’envergure votée après la démocratisation d’Internet, et se devait d’apporter des réponses claires aux nouvelles problématiques d’accessibilité. Inséré au cœur d’un texte construit par la volonté que nous partageons d’inclusion sociale, nous avons fait de l’accessibilité un principe intangible, aussi bien pour notre environnement matériel que pour notre environnement numérique, car tous les deux entourent notre vie quotidienne. En cela, c’est un principe fondamental d’équité et d’égalité républicaine.

 

Travailler à l’accessibilité du numérique et à l’inclusion sociale par le numérique nous renvoie notre mission fondamentale, celle de lutter contre cette fracture numérique qui nourrit la l’exclusion. C’est un des objectifs premiers du plan de développement de l’économie numérique France Numérique 2012, qui a apporté de nombreuses avancées et qui participe à sa façon à une meilleure cohésion sociale dans le pays. S’il ne fait pas de doute qu’Internet et les NTIC sont de puissants facteurs d’inclusion sociale, il ne fait pas de doute non plus que cette fracture numérique touche avant tout les publics les plus fragiles : personnes handicapées, personnes âgées, personnes précaires… En agissant pour l’accessibilité numérique, nous luttons contre les ruptures, contre la marginalisation. Nous agissons pour une société unie, forte de sa cohésion endogène. C’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts, pour rendre accessible ces technologies souvent inadaptées parce que conçues pour un public ordinaire, c’est pour cela que nous devons accentuer nos efforts pour familiariser, pour donner accès à nos concitoyens qui n’auraient pas tendance à se tourner spontanément vers elles !

 

Parce que le numérique demeure intrinsèquement virtuel et artificiel, le lien qu’il crée, porte ou entretient, ne peut avoir une fonction sociale ou socialisante de même nature que celle qui nait de la vie réelle. A défaut de se présenter comme un substitut, le numérique dévoile une complémentarité devenue dans certains cas indispensable. Il permet l’émergence de solutions nouvelles,  compatibles avec l’exigence inconditionnelle que nous accordons au lien social. Les progrès réalisés à la faveur des personnes handicapées nous montrent comment, dans une situation similaire, nous pouvons parvenir à un meilleur accompagnement de nos ainés, alors même que nous abordons la réforme de la dépendance. De la lutte contre l’isolement, à la facilitation de tâches quotidiennes en passant par la lutte la détresse psychologique ou le maintien des liens intergénérationnels, les champs d’action tout autant que les solutions sont multiples.

 

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Ainsi, l’article 47 de la loi du 11 février 2005 dispose que « Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées […] ». Le décret d’application est certes venu tardivement le 14 mai 2009, mais vous le savez, les défis techniques à concilier étaient nombreux.

 

A quelques semaines du terme du délai de deux accordé pour la mise en conformité pour les services de communication publique en ligne de l'Etat et des établissements publics qui en dépendent, force est de reconnaitre que même si elle ne sera pas achevée à temps, de nombreuses démarches constructives ont été mises en œuvre à l’image du très accessible portail www.service-public.fr. Saluons également les actions des ministères tels que le ministère de la culture, le ministère de la justice et des libertés, la Direction de l’Information légale et administrative, ont mené des actions concrètes de mise en accessibilité (mise en accessibilité des sites, formation des chefs de projet, constitution d’équipes experts internes..).

 

Il serait injuste de ne pas saluer les progrès importants réalisés en matière de téléphonie, directement concernée par l’article 47. Grâce à la mobilisation de l’ancienne Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées (DIPH), des opérateurs, des associations et de l’Autorité Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) l’offre commerciale et les services proposés sont plus adaptés et plus étendus. Nos efforts se doivent d’être continus et c’est pourquoi je me réjouis de la création dans les semaines qui viennent d’un centre national de relais des appels d’urgence pour les personnes sourdes et malentendantes au sein Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble.

 

 

Dans la lettre ouverte pour l’accessibilité numérique des services publics qu’un certain nombre d’entre vous m’avait adressée ainsi qu’à plusieurs de mes collègues le 28 janvier dernier, vous m’avez indiqué ce que vous considériez  être à l’origine des retards dans la montée en charge de l’accessibilité numérique.

 

Je voudrais vous dire que je rejoins votre analyse sur un certain nombre de points et notamment en ce qui concerne du pilotage du chantier et du suivi de la mise en œuvre du Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) : comme le soulignent les travaux de l’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité, l’évaluation de la mise en accessibilité entendue au sens large (bâti, transports, numérique…) est à la peine. C’est pourquoi, le Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale, qui suit déjà les travaux du Groupe d’études des marchés qui vise entre autre au respect du RGAA dans les marchés publics va poursuivre ses efforts. De concert avec les autres ministères concernés, il renforce déjà ses contrôles en s’appuyant la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat crée il y a tout juste un mois.

 

Le Président de la République vous a aujourd’hui accordé son soutien le plus sincère. Je vous l’affirme, parvenir à une accessibilité réelle des services de communication publique est bien une volonté qu’il partage et que je partage avec l’ensemble du gouvernement. Mais la volonté politique est un puissant vecteur qui a besoin de concret : c’est pourquoi je souhaite, compte tenu des enjeux si importants et des marges d’amélioration si grandes, que l’accessibilité numérique soit au cœur de la Conférence Nationale du Handicap le 8 juin prochain.

 

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Pour conclure, j’aimerais brièvement vous dire à quel point l’accessibilité numérique constitue pour les responsables politiques en charge des solidarités, un véritable laboratoire de la politique de cohésion sociale. L’accessibilité numérique regroupe en effet un nombre d’initiatives particulièrement large, au carrefour du public, du privé, de l’associatif et du familial qui révèlent une compréhension du progrès social et de la cohésion que je partage et que je porte avec vigueur. Pour avancer, nous ne pouvons rester figer, y compris sur des acquis. Pour avancer, nous ne pouvons continuer ne nous appuyer sur des modèles qui se délitent  parce qu’ils avaient été conçus pour des situations aujourd’hui disparues.

 

Pour avancer aujourd’hui, dans l’ensemble des vastes champs que comportent la cohésion sociale nous devons à la fois respecter les principes intangibles de cohésion, ceux qui ont toujours 

Madame la Présidente, chère Claudie Haigneré,

Monsieur le Président, cher Dominique Burger,

Mesdames, Messieurs,

 

Permettez-moi de vous dire tout le plaisir qui est le mien vous retrouver aujourd’hui, dans ce même lieu, six après avoir eu l’honneur de clôturer la première rencontre européenne de l’accessibilité numérique. C’était, si mes souvenirs bons, à peine quelques jours avant le début des discussions de la loi promulguée le 11 février 2005, à la fin de l’année 2004. Et déjà, chère Claudie, vous qui étiez ministre déléguée aux affaires européennes, aviez bien voulu accorder votre patronage. Et déjà, cher Dominique, vous qui étiez déjà Président de Braillenet, vous étiez à l’initiative de la rencontre.

 

Poursuivre ces rencontres au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie est pour moi un symbole très fort, à la fois de la continuité de l’engagement, et du renouvellement incessant des défis techniques et sociaux que représente l’accessibilité numérique. La Cité des Sciences incarne merveilleusement bien la volonté de d’accessibilité et de partage, celui du savoir avec le plus grand nombre, sans restriction d’âge ou de connaissance minimum. Elle est la preuve qu’il est en effet possible, pour peu que l’on s’y décide, de donner à chacun la chance et l’opportunité d’appréhender sciences et techniques

 

Depuis sept ans, Internet et les Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications (NTIC) ont pris une importance immense. Nous parlerions d’invasion que le terme ne serait pas excessif. Cette ampleur que nous pressentions, mais que nous n’osions, que nous pouvions réellement mesurer fait peser sur l’accessibilité numérique des impératifs encore plus fort, du fait de la dématérialisation d’un nombre croissant de démarches administratives et privées (déclaration d’impôts, e-commerce…) mais aussi du fait de la création, chaque jour, de nouvelles opportunités (réseaux sociaux, visioconférences…). Ainsi, à mesure que les possibles s’agrandissent et que les contraintes disparaissent, de nouveaux défis surgissent.

 

 

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La loi de 2005 a été la première loi relative aux personnes handicapées d’envergure votée après la démocratisation d’Internet, et se devait d’apporter des réponses claires aux nouvelles problématiques d’accessibilité. Inséré au cœur d’un texte construit par la volonté que nous partageons d’inclusion sociale, nous avons fait de l’accessibilité un principe intangible, aussi bien pour notre environnement matériel que pour notre environnement numérique, car tous les deux entourent notre vie quotidienne. En cela, c’est un principe fondamental d’équité et d’égalité républicaine.

 

Travailler à l’accessibilité du numérique et à l’inclusion sociale par le numérique nous renvoie notre mission fondamentale, celle de lutter contre cette fracture numérique qui nourrit la l’exclusion. C’est un des objectifs premiers du plan de développement de l’économie numérique France Numérique 2012, qui a apporté de nombreuses avancées et qui participe à sa façon à une meilleure cohésion sociale dans le pays. S’il ne fait pas de doute qu’Internet et les NTIC sont de puissants facteurs d’inclusion sociale, il ne fait pas de doute non plus que cette fracture numérique touche avant tout les publics les plus fragiles : personnes handicapées, personnes âgées, personnes précaires… En agissant pour l’accessibilité numérique, nous lutt


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