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6e Forum Européen de l'Accessibilité Numérique :

Placer l’accessibilité numérique au cœur des systèmes d’information

26/03/2012, 9h-18h
Cité des sciences et de l'industrie, Paris

 
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Les enjeux de l’accessibilité numérique dans les grandes entreprises

Bruno Ménard (Paris, France)
Sanofi ; CIGREF
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Information sur l'auteur


photo Ménard

Bruno Ménard est le CIO de Sanofi. Il est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Lille, titulaire d’une Maîtrise de Finance de l’Université de Lille et d’un DECS(Diplôme d’Etudes Comptables Supérieures).Bruno MENARD a commencé sa carrière chez Sanofi en 1987. Après avoir exercé plusieurs fonctions financières en France et aux Etats-Unis, il devient Directeur Général à Singapour en 1994, puis aux Philippines en 1995. En 1998, il rejoint Sanofi Winthrop France en tant que Directeur des Ressources. En 2001, Bruno MENARD devient Directeur des Systèmes d’Information de Sanofi-Synthélabo puis, en 2004, Vice Président, Systèmes d’Information de Sanofi-aventis.

Bruno MENARD est Vice Président du Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises (CIGREF), après en avoir assuré la Présidence d’octobre 2008 à octobre 2011.

 

Résumé


Avertissement : Les articles résumés de cette conférence ont été préparés par BrailleNet qui en assume la pleine responsabilité. En revanche, les  transparents ont été fournis par les auteurs. Une vidéo propose la présentation complète, telle qu'elle a été prononcée lors du forum. Slides et vidéo derniers sont accessibles par des liens founis plus bas.


Bruno MENARD discute les enjeux de l’accessibilité numérique dans les grandes entreprises. Il s’appuiera sur quelques exemples précis pour identifier les pratiques correspondantes qui doivent se développer dans les organisations et les fonctions des Systèmes d'Information.


Le groupe SANOFI et sa politique de Responsabilité Sociale de l’Entreprise

Sanofi est un leader mondial et diversifié de la santé qui recherche, développe et commercialise des solutions thérapeutiques centrées sur les besoins des patients. Sanofi possède des atouts fondamentaux dans le domaine de la santé avec six plateformes de croissance : la prise en charge du diabète, les vaccins humains, les produits innovants, la santé grand public, les marchés émergents, et la santé animale.

En tant que leader mondial de la santé, Sanofi se doit de promouvoir le progrès social, le développement économique et le respect de l'environnement, tout en agissant de manière éthique et responsable. Un modèle de croissance durable suppose d'envisager la santé sous un nouvel angle, axé sur le patient.

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) représente un impératif stratégique pour Sanofi : elle tire la performance, encourage l'innovation, attire le talent et rend les employés fiers d'être membres de la société. Faisant partie intégrante de la stratégie et des valeurs du Groupe, la RSE représente également une vision pour l'avenir qui favorise la croissance durable.

L’accessibilité numérique en pratique

Selon Tim Berners-Lee, directeur du W3C et inventeur du World Wide Web, la définition de l'accessibilité du Web est la suivante :

"Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales."

Les deux notions fondamentales de cette définition sont l'accès au "web et ses services" et "pour tous les individus". La première notion indique clairement que ce qui importe avant tout est l'accès à l'information, quel que soit sa forme, et aux services, c'est-à-dire aux fonctionnalités, indépendamment de la technologie utilisée. La seconde notion souligne que, même si l'accessibilité est fortement liée à des handicaps d'ordre physique ou sensoriel, elle concerne tout le monde. Chacun peut se trouver, un jour ou l'autre en situation de handicap, même temporaire, à cause d'un bras dans le plâtre, d'une souris qui ne fonctionne plus, d'une connexion à bas débit qui rend les pages trop longues à charger.

Ce qu’il par ailleurs important de retenir c’est que l’accessibilité n’est pas une contrainte, mais un principe fondamental de la définition d’Internet et du Web, lui-même à la base des technologies du numérique d’aujourd’hui.

Et l’accessibilité commence avant tout par une démarche pragmatique, et la mise en place de bonnes pratiques. La difficulté, lorsqu’on s’intéresse à ce sujet est de savoir ce qu’il faut faire, sans pour autant avoir de connaissances techniques approfondies. Chez Sanofi, nous recommandons de commencer par quelques bonnes pratiques : rendre chaque fonctionnalité utilisable au clavier, sous-titrer les vidéos, ajouter des alternatives textuelles aux images, et surtout structurer l’information (titres, blocs, balises) pour qu’elle soit intelligible sans les images, codes couleurs et position relative à l’écran.

Ces bonnes pratiques, si elles sont simples, obligent bien souvent à repenser une partie des habitudes de travail, et d’adapter les outils de gestion des contenus en conséquence. A la Direction des Systèmes d’Information du groupe Sanofi, nous avons dû spécifiquement choisir des « frameworks » de développement adaptés à la production de contenus accessibles et déployer des modules spécifiques sur nos outils de gestion des contenus (CMS) web Intranet et Internet.

Mais cela nécessite d’aller bien plus loin que le changement des outils de création et développement. Pour nous adapter nous avons aussi dû nous assurer de la bonne utilisation des outils mis en place, et d’une démarche cohérente (et conforme) de toutes les familles d’expertise qui participe à la création des contenus. D’abord, nous avons mis en place des cycles de formation et d’information pour les personnels du département Systèmes d’Information. Ces formations doivent aussi elles-mêmes être déclinées pour répondre aux critères propres à des métiers aussi variés que l’infographie ou le développement de code. Ensuite, nous avons dû convaincre nos partenaires et fournisseurs de respecter ces standards. Finalement, c’est bien chaque personne de l’entreprise (environ 120 000 personnes chez Sanofi) qui génère de l’information de façon quotidienne, et chacun doit prendre conscience de cette logique et y contribuer. Un tutoriel est présenté sur une page dédiée notre intranet permettant à chacun des salariés de se familiariser avec ces notions et mettre en pratique les points d’accessibilité.

Pour les nouveaux projets, la mise en accessibilité des supports d'information est à prendre en compte dès la conception d'un projet. La définition d'un niveau minimum d'accessibilité, sa mise en oeuvre lors du développement et sa pérennité doivent être intégrés dans le cahier des charges. S’il est difficile d’apporter des chiffres précis quant au coût que cela représente (environ 3000 applications chez Sanofi) il nous apparait clairement que cela représente un impact significatif en termes de ressources et d’investissements. Nous considérons néanmoins que cela ne dépasse pas 5% du coût total en moyenne, et qu’à défaut, une intervention corrective peut s’avérer beaucoup plus coûteuse et parfois dépasser 20% du coût total d’un système déjà en place.

Notre retour d’expérience

Bien entendu, le respect des recommandations sur l'accessibilité des systèmes d'information est profitable en premier lieu aux personnes ayant un handicap moteur, cognitif léger, auditif ou visuel, et de fait aux personnes âgées qui peuvent présenter des formes plus ou moins prononcées et combinées de ces handicaps. Mais,  une interface que l'on rend accessible, devient beaucoup plus facile d'utilisation pour tout le monde, car plus claire, plus rapide à charger, mieux organisée; à l'instar des bus ou des trains dont on abaisse le plancher pour permettre l'accès aux personnes en fauteuil roulant, ce qui bénéficie également aux personnes avec des poussettes ou de grosses valises, à celles qui sont contraintes de marcher provisoirement avec des cannes.  Nous avons aussi noté que nos sites Internet respectant les niveaux d’accessibilité W3C-A (ou AA) étaient plus facilement trouvés par les moteurs de recherche. Cela a donc un impact positif (non quantifié !) sur la visibilité commerciale de notre Groupe. En effet, un projet conforme au premier niveau d'accessibilité est potentiellement mieux adapté à un bon référencement car il contient davantage de mots-clés, des liens explicites, des alternatives textuelles aux images. Il encourage aussi une meilleure fidélisation car les fonctionnalités fournies par les animations Flash ou les scripts, par exemple, sont alors conçues pour être opérationnelles dans le maximum de situations. Cela illustre bien qu’il est nettement préférable de concevoir un seul projet qui peut être à la fois accessible et agréable d'aspect plutôt que de vouloir créer des pages dédiées à tel ou tel handicap.

Mais la démarche ne s’arrête pas à la « simple » mise en conformité d’un nouveau projet. La nécessité de changer les habitudes de travail, de mettre en place des processus de validation de l’accessibilité des contenus générés au quotidien et de formation des personnels requière une action structurée, récurrente et sponsorisée par les dirigeants de l’entreprise. Chez Sanofi, cela s’est concrétisé par la signature d’une charte par le Directeur du Système d’Information et le Directeur de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise.

Vidéo

http://www.dailymotion.com/video/xq8eva_3-les-enjeux-de-l-accessibilite-numerique-dans-les-grandes-entreprises-bruno-menard-sanofi-vice-pres_tech

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